Les rideaux du colloque international tenu 22 & 23 avril sont tombés sur une note d’espoir et d’eternels questionnements.À qui revient la Pj ? À la personne, à la nature, à la chose, au robot ou à tous ou à aucun d’entre eux ? Faut-il déconstruire ? Faut-il circonscrire ? Les avis sont partagés.
L’espoir de poursuivre la réflexion déjà suscitée et de produire les actes du colloque sont émis sous conditionnalité:
Si la reconnaissance de la personnalité juridique du GRSPJ voit le jour ? Équation, prolongement du débat ou engagement en tout la question est en suspens .La réussite du colloque est sans conteste.
Aussi bien dans l’organisation, la participation, l’animation scientifique, dans la transmission des résultats de recherche, dans l’optimisation, la virtualisation des interventions, que dans les rapports et recommandations, tout a été comme sur des chapeaux de roue.
Durant deux jours, plusieurs sommités du droit venues d’Europe, d’Afrique et de toutes les universités du pays ont fait une cinquantenaire de communications sur ce thème qui se pose avec acuité? Le droit sous l’angle de la JP a été criblé, remis en question, repensé, au grand bonheur du public cosmopolite venu assister. Les étudiants ont pris note, interpellé et applaudi des sachants.
Plusieurs chocs d’idées, de réflexions souvent convergentes tantôt contraires ont rythmé ces joutes scientifiques.
Ouvert par le Recteur, la leçon inaugurale a été faite par Pr Alioune Badara FALL, agrégé de droit et prof émérite à l’université Montesquieu Bordeaux 4 a exhorté les sachants à relativiser et à repenser et réadapter la personnalité selon des contextes, des réalités et des mythes, non sans copier intégralement ce qui appartient à l’autre.
Est ce que le lac, le fleuve comme la Seine en (France) doivent avoir une personnalité juridique ? Si ce droit est devolu à la personne de sa naissance à sa mort dans la société occidentale française, le Professeur éclaire qu’en Afrique l’enfant bénéficie d’une personnalité juridique bien avant sa naissance?
L’exemplaire charte du Mandé est revenu comme référence, Birago Diop (les morts ne sont pas morts), la place qu’occupe l’environnement, l’eau, les arbres, la chose, le lac de Guiers, les interactions, entre l’homme, l’animal, la vie et la mort sont revenus dans des analyses épistémologique, holistique, et pluridisciplinaire.
D’autres exemples sont revenus, notamment le référendum organisé en Suisse pour demander, si le chien, l’animal a le droit d’avoir un avocat ou pas ? Plusieurs experts ont multiplié les exemples avec des interprétations selon des pays, des rites, des croyances (Mahatma Gandhi et la vache) en Inde, la place du cheval dans la société africaine, les ânes et des animaux domestiques chez nous (Sénégal) parfois malmenés, maltraités, alors qu’ils devraient être protégés etc…
Les animaux, les parcs, les sites écologiques, religieux
, culturels, anthropologiques méritent-ils protection, une personnalité juridique ou non ? Quid des robots, des humanoïdes, de l’intelligence artificielle ? Le débat est posé ?
En tout cas, des présidents de panels, aux discutants et panelistes, en passant par les
étudiants, chacun a livré son point de vue, selon l’angle de sa compréhension, ou, de son domaine (droit public, droit privé, droit international et autres dérivés du droit).
Après un deuxième jour rempli, des heures de cogitation, les rideaux pouvaient être baissés.
La cérémonie de clôture présidée par le Vice-recteur Pr Omar Sene a été l’occasion pour remercier tous les organisateurs, partenaires, panelistes, Maîtres, professeurs, les étudiants et le groupe de recherche en sciences politiques et juridiques pour ce second colloque international de Droit.
Après celui du 24 avril au 26 avril 2024 qui portait sur la Summa divisio, ce second rendez-vous du droit place la barre à un autre niveau.
Ce qui a fait dire au Professeur Abdou Wahab Ndiaye que: « l’épicentre de la réflexion juridique au Sénégal est bien à Bambey ». Pour Professeur Isaac Yankhoba, ancien Président du Conseil constitutionnel du Sénégal » les pendules du droit sont à l’heure à l’ Université Alioune DIOP Bambey Officiel «
Des propos courtois, certes, synonymes d’encouragement pour inviter et stimuler les collègues du Directeur de faculté (UFR) Pr Mballo Thiam et compagnie à maintenir cette flamme de l’excellence qui est allumée depuis des années au coeur du Baol.